Apprendre à réussir quel que soit le contexte, en étant vraiment soi-même.

Dans cette période où nombre d’enfants décrochent au point de vue scolaire ,Florence Ovaere
Psychopédagogue, présidente de l’association Au Bonheur d’Apprendre, répond à nos questions..

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Olivier Certain : « L’école est au service de la vie et tout le monde peut réussir », dites-vous… Pouvez-vous développer ?
Florence Ovaere : Piloter sa scolarité, quel que soit le contexte, c’est la clef de la réussite. Par « réussite » entendons une entrée dans la vie adulte en étant épanoui. Pour cela, l’élève doit devenir l’acteur central et responsable de ses apprentissages.
Tant d’élèves subissent leurs journées d’école, de collège ou de lycée… et perdent leur temps. C’est vraiment dommage car ils perdent également confiance en eux.
Il est possible d’agir, en peu de temps et sans changer l’élève d’environnement scolaire. Notre action consiste à enclencher chaque jour un « cercle vertueux de réussite » chez des élèves de tous âges, tous niveaux et cursus, sans attendre la fin de la crise sanitaire. Pas de génération sacrifiée : l’avenir, c’est demain, et l’instant présent nous appartient !
Petits et grands élèves recherchant aujourd’hui plus que jamais des interactions libres et chaleureuses, nous proposons une remise en route par une découverte ludique et fascinante de sa singularité cognitive et de ses points forts.

OC : Concrètement, quel est votre engagement dans ce domaine ?
FO : Une expérience de coaching scolaire de plus de dix ans, acquise en Vallée de Chevreuse, est mise à disposition des enfants, des adolescents et des adultes de la Commune et du Grand Versailles. Il s’agit de les soutenir dans leurs apprentissages et leur confiance en eux par des séances individuelles à domicile et des ateliers en petits groupes sur les thèmes « Apprendre à apprendre », « Découverte du fonctionnement cognitif », « J’entre en Sixième, je m’organise »…

Ces ateliers sont construits « à la carte » avec des groupes de parents, des associations de parents d’élèves, ainsi qu’avec des structures communales et des associations locales.
Les élèves du primaire sont accueillis dans les ateliers avec leurs parents, afin d’aborder ensemble cette découverte du fonctionnement cognitif et de transmettre des « clefs » aux parents : et les devoirs deviennent un moment agréable de partage !
Dans le respect des consignes sanitaires, deux familles amies peuvent constituer un atelier, comme expérimenté cette année.
Quand les difficultés scolaires sont installées ou que l’on ressent une urgence, l’accompagnement individuel est le plus adapté pour agir vite et fort. Je me déplace sur tout le secteur Grand Versailles et au-delà. Quelle que soit la formule choisie, l’approche restera toujours ludique, le public concerné y adhère instantanément, et c’est ce qui fait le succès de la méthode.
A Chanteloup-les-Vignes, Au bonheur d’apprendre participe à la Cité éducative en construction. C’est impressionnant de constater le sérieux et la concentration des enfants, l’espérance de leurs parents et l’investissement des bénévoles qui se forment à notre pédagogie et l’enrichissent de leurs questions tirées de leur action quotidienne.

OC : Sur quoi se fonde cette pédagogie de la réussite ?
FO : Elle s’est construite et enrichie pendant plus de quinze ans à partir de différents apports auxquels je me suis formée : la pédagogie positive et la communication non-violente, l’écoute active selon Carl Rogers, la Gestion Mentale d’Antoine de la Garanderie.
Tout part d’une écoute puissante, d’un accueil de l’élève en tant que personne en devenir mais déjà entière et singulière : le cercle vertueux de la réussite commence par le fait que la personne se sent reconnue et capable, (re)connectée à elle-même. A la condition indispensable de leur adhésion à la démarche, je deviens leur coach et leur soutien indéfectible.
L’apport de la gestion mentale s’entremêle, amenant une découverte du fonctionnement cognitif, ce qui permet
« d’apprendre à apprendre » en commençant par mieux se connaître soi-même. Une expérience ludique et passionnante.
Les programmes et les contextes scolaires sont analysés ensemble, ce qui favorise une transmission des « codes » aux élèves qui ne les possèdent pas. Transmettre à tous publics les codes de l’école et les moyens de la réussite personnelle : c’est le crédo d’Au bonheur d’apprendre.
Il s’agit d’une pédagogie vraiment individualisée, qui apporte certes de la méthode, mais ne plaque pas de méthodes standards : chacun est amené à trouver les siennes propres… Mieux  : il devient son propre pédagogue !

OC : Quels résultats peut-on espérer ?
FO : En premier lieu, les résultats scolaires sont en hausse durant le trimestre en cours : en général au moins deux points de plus de moyenne générale. On peut également escompter une levée des blocages dans les matières que l’élève pensait détester. Ces progrès sont encourageants et le cercle vertueux de la réussite est alors enclenché. L’amélioration sera durable car fondée sur un véritable changement de perspective : l’enfant est sûr de son potentiel, retrouve l’appétence intellectuelle qu’il avait étant petit, et devient le pilote autonome de sa scolarité.

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OC : D’où vient votre inspiration, votre vision de ce qu’il faut faire en matière de « remédiation scolaire » ?
FO : J’ai été une élève « modèle » et fait de longues études à Siences-Po et en lettres modernes, avant de passer « de l’autre côté du bureau de professeur et des tables de jurys ». J’ai en effet enseigné pendant 20 ans en collège, à l’université, dans différents instituts professionnels, notamment comme tuteur et professeur de méthodologie. En même temps j’exerçais une activité d’étude
– conseil dans les politiques sociales et éducatives.
Une question s’est posée à moi, de plus en plus prégnante : comment faire comprendre aux élèves ce qui est attendu d’eux aux différentes étapes de leur parcours d’étude, et les critères avec lesquels ils vont être évalués ? Comment leur transmettre les codes, les non-dits, toutes les fausses évidences concernant les apprentissages ? La plupart des élèves ont besoin de cette « méta-pédagogie ».
Je crois que les élèves ont besoin de sens, que les objectifs et les enjeux soient lisibles, que les méthodologies soient explicitées, c’est à dire savoir ce que nous sommes en train de faire, pourquoi et comment. La crise sanitaire vient encore renforcer ce besoin de sens et de comprendre comment nous pouvons agir efficacement.

OC : Vous venez de créer l’association à Versailles, pourquoi ?
FO : Au bonheur d’apprendre se développe : d’une initiative de psychopédagogue et consultante en action sociale, cela devient une histoire collective, parce que des personnes ont manifesté le désir de me rejoindre et de soutenir cette action, et parce que l’épreuve que nous traversons augmente encore les besoins d’accompagnement.
Je suis rejointe aussi par des parents et de jeunes adultes versaillais investis dans l’éducation pour m’aider à diversifier les publics bénéficiaires, amener ce soutien à des familles qui ne pourraient se l’offrir. Nous voulons également diffuser cette pédagogie auprès de parents, d’enseignants, d’animateurs des dispositifs d’accompagnement scolaire… qui vont sans doute l’enrichir encore par leur participation..

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Propos recueilli par Olivier Certain
Plus d’information :
http://www.aubonheurdapprendre.fr

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