Quatre étudiantes à la faculté de Versailles créent une exposition inédite autour du peintre Degas, comme on ne l’avait encore jamais perçu.
Astrid Usai, Sarra Mezgar, Ophélis Jésophe et Kate Husar sont toutes les quatre étudiantes à la faculté de Versailles en master 2 ingénierie culturelle
(apprentissage du développement culturel et de la communication pour à terme travailler dans des musées, théâtres et autres lieux de culture).
Afin d’effectuer leur travail de fin d’études elles ont eu l’idée de créer une exposition hors du commun destinée de prime abord au public des mal et non voyants.
Les quatre étudiantes ont choisi l’œuvre du peintre impressionniste Degas dont on commémore cette année le centième anniversaire de la mort et qui souffrait sans doute de problèmes oculaires puisqu’il disait : « avoir un léger nuage devant les yeux l’empêchant de bien voir ainsi qu’être gêné par la lumière ».
L’exposition a pour titre « L’Invisible du Visible ». Après avoir sélectionné quatre œuvres de l’artiste, les commissaires en herbe ont proposé à quatre artistes différents de réagir devant le tableau de leur choix. On oublie le sens de la vue puisque l’essence même de leur travail et de permettre aux non voyants d’avoir leur propre perception de l’art pictural. Chaque artiste utilisera le sens qui lui convient et œuvreront donc un musicien, un parfumeur (étudiant à l’ISIPCA de Versailles, école de parfum), un chef cuisinier et une sculptrice d’origine versaillaise. Cette œuvre unique rendra donc accessible l’œuvre originale par un vecteur purement émotionnel.
« L’Invisible du Visible vous invite à voir avec vos autres sens » : un bandeau occultant sera proposé aux voyants afin d’appréhender l’exposition dans les mêmes conditions que les mal ou non voyants. Les artistes sont bénévoles et ont réalisé une œuvre unique pour l’événement. C’est l’association Valentin Haüy de Versailles qui a mis les jeunes filles en relation avec la sculptrice versaillaise Quitterie Ithurbide. Une des facettes de son travail est destinée à mettre en volume (en 3D) les tableaux les plus connus afin de permettre au public non voyants d’y avoir accès par le toucher et de ressentir ses propres émotions sans passer par le prisme des « voyants ». Actuellement l’artiste collabore dans cette optique avec le Musée d’Art et d’Histoire de Genève.
L’association Valentin Haüy, qui se consacre à la déficience visuelle, ne dispose pas de salle propre à accueillir un public non voyant à Versailles. Les jeunes femmes ont demandé à une autre association majeure de ce handicap domiciliée à Boulogne-Billancourt, l’UNADEV d’héberger leur projet. Pour financer cette initiative, un appel sous forme de Crowdfunding a été lancé aux éventuels sympathisants de la cause, le budget nécessaire n’étant pas encore atteint.
Si cet engagement vers une culture pour tous et la volonté de mettre sur un pied d’égalité les voyants et les déficients visuels vous touchent, Astrid, Sarra, Ophélie et Kate vous retrouveront le samedi 20 mai 2017 à 14 heures à 18 heures 30 seulement.
Mais toutes les quatre ont espoir de voir leur projet perdurer dans le temps et de trouver d’autres lieux susceptibles
d’accueillir cette exposition mêlant culture et humanisme.
Victor Delaporte
Gratuit sur Réservation :
https://www.helloasso.com/associations/pulsart/evenements/I-invisible-du-visible
L’Invisible du Visible, le samedi 20 mai 2017 de 14 heures à 18 heures 30
Au Centre Régional d’Île de France de L’UNADEV (1er étage)
41 rue Edouard Vaillant 92100 Boulogne- Billancourt
Soutien financier : https://www.helloasso.com/associations/pulsart/collectes/I-invisible-du-visible
site : https://www.helloasso.com
adresse : projet.emas@gmail.com