Lorenza Mallez-Barone, une italienne à la tête du Soroptimist Club de Versailles

Elle a le charme, la vivacité et la grâce qui sied aux Italiennes. Mais c’est à Versailles, que sa personnalité aussi riche que créative s’épanouit.

OSMOZIUM
PORTRAITS DE DIRIGEANTS

Née à Borgosesia, une petite ville du Piémont, près du lac Majeur dans une famille d’entrepreneurs dans les travaux publics, Lorenza Barone connait un début d’existence tranquille, jusqu’au décès prématuré de son père alors qu’elle est âgée de trois ans. Elle vit dès lors dans un univers féminin avec sa sœur sous la houlette d’une mère active, « toujours bienveillante » et d’une famille paternelle et maternelle où les femmes sont extrêmement présentes et engagées. Elle suit des études classiques dans sa région et entame un processus universitaire. Mais elle est déjà animée par une soif de bouger, de connaître le monde et se sent à l’étroit dans sa région natale. Quoi de mieux que de se lancer dans de petits boulots parallèlement à la faculté et surtout de commencer à travailler pour un journal : même local, il lui offre une ouverture sur le monde !

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Et puis c’est le début de l’aventure. Grâce à un contact avec la Fédération du prêt-à-porter de Paris, rencontré à Milan, elle obtient un stage à Paris. C’est alors le coup de foudre pour la France, dont elle ne parle pourtant pas la langue. Elle décide d’abandonner ses études, pour se consacrer au métier de commercial dans des secteurs d’activités aussi variés que le tourisme ou la décoration, en se constituant au fur et à mesure un carnet d’adresses qui se révélera précieux. Elle excelle dans ce domaine où elle s’épanouit pleinement, sans ignorer les difficultés rencontrées dans le monde des entreprises. Elle ressent de plus en plus le besoin de développer sa propre activité. Mais, en même temps, elle se demande si elle n’aurait pas avantage à retourner en Italie où sa famille est solidement implantée. Alors se produit  le « miracle » qui va conditionner son avenir : la rencontre fortuite de François Xavier Mallez, un Français qu’elle épouse et qui lui permet encore aujourd’hui, par sa présence et ses encouragements à s’engager dans tous ses projets. Elle, si remuante, décide de prendre une année sabbatique interrompue par une opportunité professionnelle dans le secteur de l’informatique. Ses beaux parents, militaires, ayant bourlingué à travers le monde, décident, et cela ne surprendra pas nos lecteurs, de s’installer à Versailles, où ils retrouvent la chaude ambiance de leur milieu traditionnel. C’est ainsi que Lorenza découvre le quartier Saint-Louis, qu’elle ne quittera plus. « C’est un quartier chaleureux, où l’on connait ses voisins, où tout le monde se parle. J’y retrouve un peu la même atmosphère que celle de ma jeunesse en Italie ». Elle s’épanouit avec ses deux enfants dans ce quartier.

Forte de ses talents de communicante et d’un besoin d’autonomie, elle fonde OSMOZIUM, une société de services dans le domaine du management et des infrastructures, où son sens des relations commerciales fait merveille. Au départ, elle est seule, puis elle est rejointe par deux associés. Son entreprise devenue Groupe Osmozium connait dès lors un développement rapide et emploie deux cent cinquante personnes. Elle opère une première croissance externe il y a quatre ans avec l’acquisition de Cap Data, leader dans le domaine des bases de données.

Son entreprise lui a permis très vite de se rendre compte que dans le secteur du numérique, il reste beaucoup à faire pour assurer l’égalité entre les femmes et les hommes. « Lorsque j’allais voir des clients potentiels, je prenais conscience que le fait d’être femme enlevait une part de crédibilité ».

Ce constat la pousse à s’engager dans l’association SOROPTIMIST de Versailles qui a quatre-vingt ans d’existence, et dont elle est devenue la présidente en octobre dernier. Elle en était membre depuis 2004, reprenant le flambeau déployé par sa mère qui patronne le même club en Italie, club qui avait été jumelé à celui de Versailles. Le but de l’association est d’améliorer la situation des femmes dans la société, un besoin qui s’impose aujourd’hui de manière universelle en raison de l’actualité

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Et l’on peut deviner que ce « bulldozer au féminin » comme la surnomme un de ses amis, ne restera pas inerte dans ce projet proprement versaillais. Lorenza souhaite lui apporter « un nouveau souffle et renforcer ses couleurs ». Elle fourmille déjà d’idées pour animer l’équipe, renforcer ses effectifs et organiser une série de manifestations. Le 21 décembre Franck Laurent viendra parler de son dictionnaire inattendu :
« femmes que de mots pour vous dire »
(tous les termes sous lesquels on désigne les femmes) Un peu plus tard, Eric Tournier, président du club de rugby de Versailles organisera un match au profit de l’association. Une série d’autres initiatives sont en projet pour cette jeune femme qui entend plus que jamais s’intéresser et se consacrer aux autres, pour créer un climat chaleureux et optimiste dans un contexte général pourtant moins anxiogène à Versailles qu’en d’autres lieux. De ses origines italiennes, elle garde le goût de recevoir, d’avoir des amis autour de soi, de cuisiner de bons petits plats. Elle estime avoir beaucoup reçu de l’existence. Elle a envie de donner et de partager, alors que l’approche de la cinquantaine lui parait encore lointaine.

Michel Garibal

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