Un métier d’art unique : luthier

La rue du Vieux Versailles est connue pour ses artisans. Un marqueteur, un encadreur, un tapissier y sont déjà installés. Depuis quelques mois, ils sont rejoints par un luthier.

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Un luthier est un artisan d’art du secteur de facture instrumentale. Il créé et restaure manuellement des instruments à cordes frottées : violon, alto, violoncelle, contrebasse ou viole de gambe. Il doit, de préférence, être musicien, avoir une excellente oreille et aimer le travail du bois.Un luthier est un artisan d’art du secteur de facture instrumentale. Il créé et restaure manuellement des instruments à cordes frottées : violon, alto, violoncelle, contrebasse ou viole de gambe. Il doit, de préférence, être musicien, avoir une excellente oreille et aimer le travail du bois.
Selon la Chambre syndicale, le secteur français regroupe près de 2 500 entreprises dont 700 sont à dominante artisanale. En 2009, plus de 400 luthiers étaient en exercice sur quatre activités principales : la vente, la réparation, la restauration et la fabrication1. Ce métier est sanctionné par un diplôme des métiers d’art (DMA) qui peut être obtenu à l’École nationale de lutherie de Mirecourt (Vosges), référence française dans ce domaine.
Stéphane Garnier, luthier du quatuor (violon, alto, violoncelle, contrebasse) installé à Versailles depuis 17 ans, illustre cette présentation. Joueur de violoncelle, c’est son professeur qui lui donne l’idée de se diriger vers ce métier. Trop âgé à l’époque pour intégrer Mirecourt, il suit sa formation à Brienz en Suisse pendant quatre ans. Il y apprend la fabrication, l’acoustique, les divers vernis utilisés puis la restauration et se perfectionne chez des maîtres à Paris, rue de Rome, pendant sept ans.

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En lutherie, deux essences de bois sont principalement utilisées : l’érable sycomore, pour la tête et le dos, et pour la table (face avec les ouïes en forme de F – NDRL) l’épicéa, bois de résonance par excellence. En ce qui concerne les cordes, leur cœur est en acier, perlon ou boyau puis elles sont recouvertes d’aluminium, d’argent et tungstène. Quant à l’archet, il est en pernambouc (bois du Brésil – NDRL) pour la baguette et en crin de cheval pour la mèche.Passionné par son ouvrage, Stéphane n’est pas seulement restaurateur, il est aussi créateur. « J’ai ouvert, en Corrèze, un atelier destiné à la fabrication. C’est un autre état d’esprit. Des plans au montage, tout doit se réaliser en continuité. J’y consacre mes vacances. C’est un autre temps. » Est-ce que cela signifie que les instruments modernes sont d’aussi bonne facture que les anciens ? « L’aura des instruments du XVIIe ou XVIIIe siècle est indéniable, mais je pense que cela change. Une expérience a été menée aux États-Unis où des musiciens ont joué, à l’aveugle, avec des Stradivarius et des violons ou altos modernes. Il s’est avéré que la qualité des sons des fabrications contemporaines valait celle des anciens. C’est le résultat de la transmission du savoir-faire2 ».
En ce qui concerne l’apprentissage, Stéphane constate qu’il n’aurait pas de difficultés à trouver un élève, cependant il précise « Au-delà de la spécificité du métier et de la motivation, il faut un apprenti persévérant qui continuera à apprendre et parfaire sa connaissance et sa technicité en atelier ».
Sophie Maurice

Stéphane Garnier – Luthier7, rue du Vieux Versailles – 78000 VersaillesSite : http://www.garnier-luthier.fr
(1). Source : Institut des métiers d’art(2). Voir article du Figaro du 8 mai 2017 « Des violons modernes meilleurs que les Stradivarius »

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