Richard Mique, l’architecte de la fin de la monarchie

Par Bernard Legendre

Richard Mique, c’est de nos jours à Versailles une rue et une école dans un quartier d’habitat social.

Un de ces noms supports qui ne renvoient qu’aux lieux qu’ils désignent.
Pourtant les réalisations de cet architecte sont très familières aux versaillais car elles constituent tout une part du décor de leur quotidien et de la féerie locale.
Issu d’une lignée d’architectes de Nancy, il eOLYMPUS DIGITAL CAMERAst né dans cette cité alors capitale du duché de Lorraine. Il y vit jusqu’à près de 40 ans et réalise en particulier deux arcs monumentaux proches de la place Stanislas (portes St Stanislas et Ste Catherine). Il participe aussi aux activités de la faïencerie de Lunéville.
C’est la disparition du roi Stanislas en 1766 qui va changer sa stature. La fille de ce prince d’origine polonaise est en effet la reine de France, Marie Leszczynska.
Elle l’appelle à Versailles pour construire un couvent qui sera confié aux Sœurs augustines pour éduquer les jeunes filles méritantes de petite noblesse. Ce projet occupe Richard Mique cinq ans (1767–72 ).
Si la reine décède peu après l’amorce du chantier, madame Adélaïde, l’une de ses filles est fort attachée au « couvent de la Reine » et protège son architecte. Nous connaissons cette fondation religieuse, devenue l’actuel lycée Hoche.
En ville, Mique participe aussi, sous la direction de Darnaudin à la réfection et l’agrandissement de l’hôpital royal, récemment réhabilité et modernisé par le cabinet Wilmotte sous le nom de « carrés Richaud ».

Un théâtre de poche

Cependant, la vraie gloire pour Richard Mique va provenir de la protection d’une troisième altesse, la jeune épouse du nouveau roi Louis XVI, Marie Antoinette.Celle ci lui commande d’abord, au petit Trianon, deux merveilles de dimensions modestes (1778) : un théâtre de poche et le temple rond dit de l’Amour, visible depuis la chambre de la reine. Suit en 1781, toujours au parc, le pavillon du Belvédère, perché au dessus d’une fausse grotte.
Ce sont là les prémices d’une commande encore plus célèbre et profondément originale : le hameau de la Reine (1783 – 87),
dont la restauration est à l’heure actuelle en cours d’achèvement. La gloire officielle de Mique est aussi couronnée par sa nomination en 1783 à la tète de l’Académie royale d’architecture, position qui lui vaut l’hostilité de son rival, a priori plus renommé, Soufflot et, décisive pour la suite, celle du fougueux Louis David, membre de l’Académie royale de peinture.
Celui-ci siège en effet quelques années plus tard à la Convention ; régicide et proche de Robespierre, il contribue sans barguigner à l’arrestation d’un homme désormais déchu et sans commande, déjà assez âgé (66 ans), l’architecte préféré de la ci devant veuve Capet, puis à son envoi à la guillotine le 8 juillet 1794.
Richard Mique aura ainsi partagé jusqu’au bout le destin de la famille royale, lié intimement, dans ses grâces néo classiques, à une époque dont ses créations illustrent, pour notre plus grande joie, la mémoire locale.

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