Le socle versaillais, amortisseur aux dangers de l’année 2017

Par Michel Garibal

couv-de-v96-pfLa nouvelle année est déjà solidement engagée et pourtant le changement de millésime continue de donner lieu aux prévisions les plus variées. La seule certitude avec 2017 est qu’il s’agit d’un nombre premier, comme le rappelle un commentateur. Bien peu d’observateurs osent aller au-delà, tant la complexité du monde parait grande aujourd’hui. Il est vrai que nous connaissons une des périodes les plus chahutées de l’histoire contemporaine et que 2007, il y a dix ans déjà, nous parait comme la dernière année bénie, tant les catastrophes se sont multipliées depuis lors. Au point que la célèbre agence de presse Bloomberg publie chaque année son guide du pessimisme, en vertu duquel l’impensable peut toujours se produire, comme on la vu avec la déferlante du terrorisme, le tsunami du Brexit, voire l’élection de Donald Trump, tandis que les régimes autoritaires se multiplient dans un monde gagné par le nationalisme, où le réarmement est devenu une priorité.

Versailles n’est pas à l’abri des vents de l’histoire. Cette ville qui a failli être en 1873 la capitale de notre pays, comme le raconte en page 18 Bernard Legendre, ne vit pas repliée sur ses parcs et ses écoles renommées, avec une activité économique qui est restée longtemps modeste. C’est d’abord une cité ouverte, en raison de son château qui attire sept à huit millions de visiteurs chaque année et qui brasse ainsi des populations venues de tous les coins de la planète. Elle subit les influences extérieures, en particulier ce vent égalitariste qui souffle et qui admet mal que les familles versaillaises aient globalement un niveau de vie supérieur à certaines banlieues de la région parisienne. Au demeurant, la cité royale a aussi ses zones de pauvreté, mais elle a une tradition d’une grande solidarité, qui permet d’atténuer les souffrances. Mais elle n’échappe pas à la fièvre redistributrice qui voudrait placer tout le monde dans le même moule et qui se manifeste d’année en année, notamment par une pression fiscale que le maire s’efforce à son niveau de freiner par tous les moyens. En trois ans, la ville a perdu quinze millions d’euros sur les subventions qui étaient accordées par l’Etat et le département s’est lancé l’an dernier dans une hausse de 66% de la taxe foncière. La confection du nouveau budget se révèle particulièrement délicate, d’autant que l’instabilité gouvernementale donne le tournis et qu’un changement politique à la suite de l’élection présidentielle n’apportera pas nécessairement la sérénité que souhaiteraient les électeurs.

Pour l’instant, le climat est à l’attentisme en France. Les décisions sont souvent remises à plus tard, conditionnées par les élections qui vont se dérouler dans plusieurs pays d’Europe. Les prévisionnistes se montrent avares dans leurs pronostics, en se limitant à une croissance qui dépasserait à peine un pour cent pour l’ensemble de l’année. Des chiffres qui n’ont guère de signification. D’autant qu’une ville comme Versailles présente ses particularités. On peut y déceler un certain nombre de facteurs d’optimisme. Il y a un engouement pour la cité du roi soleil, où de nouveaux arrivants se trouvent seulement limités par les capacités de logement. Les promoteurs sont à l’affût du moindre terrain constructible, car ils savent qu’ils n’auront aucune peine à vendre leurs biens, tout en contribuant à améliorer les recettes municipales. Le château est un vecteur d’attraction incontournable autour duquel se développent certaines activités de luxe et une restauration haut de gamme. Si le commerce de centre ville reste encore handicapé par la concurrence des grands centres commerciaux à la périphérie, la créativité des jeunes pousses se manifeste avec la pépinière d’entreprises, le quartier des Chantiers entame une véritable révolution, génératrice d’activités nouvelles.
En ce début d’année, Il est inutile de vouloir lire dans le marc de café pour tenter d’exorciser les prévisions pessimistes élaborées sur la conjoncture. La solidité du socle versaillais constitue un amortisseur, un rempart aux chocs éventuels qui pourraient survenir. D’autant que le pire n’est jamais sûr.

 

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