Deuxième Mandat pour la reine du Château

Par Michel Garibal

Catherine Pégard reste à Versailles pour un nouveau bail de trois ans.
Le suspense est levé. Catherine Pégard reste à Versailles et va poursuivre l’œuvre qu’elle a entreprise depuis cinq ans « en ce lieu qui fait rêver le monde » selon sa propre expression. Sa reconduction est le signe d’une réussite. Son passé de journaliste n’a pas été inutile : elle avait pendant un quart de siècle couvert l’actualité dans le sillage de trois présidents, Giscard, Mitterrand et Chirac. Sa fréquentation assidue de l’Elysée l’avait conduit à devenir conseiller de Nicolas Sarkozy et permis d’acquérir les vertus nécessaires pour se concilier les puissants. Elle a pu ainsi nouer de bons rapports avec François Hollande qui a joué un rôle essentiel dans la prolongation de son mandat à la tête de l’établissement public de Versailles, car les prétendants ne manquaient pas.
Pendant son quinquennat, Catherine Pégard a agi en véritable stratège : « d’abord écouter, se laisser envahir par ce lieu d’excellence ».
Désarmer ensuite la cabale que son prédécesseur Jean Jacques Aillagon, déçu d’être écarté, avait tenté de fomenter contre elle, obtenir la neutralité des syndicats et continuer ainsi à poursuivre le programme de restauration et d’embellissement du château. Bien secondée par une excellente équipe, avec sa méthode faite de mesure, de respect d’autrui et d’une sorte de réserve naturelle, elle a imprimé sa marque avec des expositions brillantes comme celles consacrées à la mort de Louis XIV ou à de Gaulle à Trianon. Elle a encouragé l’art contemporain sans être toujours comprise de l’opinion en raison de l’audace de certains artistes. Elle a surtout exercé ses fonctions dans un climat difficile, avec des ministres de la culture qui n’ont cessé de manifester ouvertement qu’ils n’affectionnaient pas Versailles. Elle a du faire face à des réductions budgétaires considérables, une diminution de moitié des subventions publiques. Et aujourd’hui, avec la menace terroriste, ce sont les recettes du tourisme qui sont affectées.
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Catherine Pégard n’a pas baissé les bras devant cette avalanche de difficultés. Elle a pris son bâton de pèlerin et entrepris de séduire des mécènes, auprès des particuliers comme des entreprises avec des résultats. A l’étranger, elle reçoit toujours un accueil digne d’un chef d’Etat, tant la renommée de Versailles est éclatante. Peu à peu les initiatives privées françaises ou étrangères, prennent la relève de l’Etat défaillant. Le mécénat de Dior via LVMH, la fondation Philantropia ont permis de rétablir les gloires passées dans leur splendeur et sont accompagnés de beaucoup d’autres initiatives. Signe éclatant de l’aura retrouvée de Versailles la venue d’Alain Ducasse qui vient d’ouvrir un restaurant de prestige susceptible d’attirer une clientèle internationale.
Grâce à ces atouts et à la force que donne la continuité d’un mandat qui devrait durer huit ans au total, Catherine Pégard continuera inlassablement une œuvre qui lui conférera une place essentielle dans l’histoire contemporaine du château. En tant que Versaillais, nous ne pouvons que nous réjouir de la savoir aussi longtemps à ce poste phare, d’autant qu’elle a établi avec la ville des relations qui n’avaient pas été aussi cordiales depuis longtemps.

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