Circuits-courts et rythme des saisons

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La définition du terme « circuit-court » est claire : pas plus d’un intermédiaire ! C’est une double assurance. Pour les consommateurs des produits sains, pour les cultivateurs des revenus corrects..
Qu’il s’agisse d’une entreprise agricole ou d’une association qui distribue en circuit-court, l’objectif est le même : rester en adéquation avec le rythme des saisons. « Vous ne trouverez pas de fraises en plein hiver chez nous ! » rappelle Bruno Gansel, directeur de la Communication des Fermes de Gally.
Maintenir une agriculture et une distribution de proximité
Les Fermes de Gally travaillent en circuit-court depuis la fin des années 1960. D’abord avec les produits horticoles et les œufs de leurs poules. Les autres produits alimentaires arrivent ensuite.
« Nous sommes attachés à notre métier d’agriculteur, attaché à notre térroir. Les produits, distribués en circuit-court, n’ont pas à résister au transport et à la réfrigération ». La qualité est privilégiée en choisissant des variétés adaptées au climat de la région.
La cueillette en est la preuve. Les Fermes de Gally l’ont adoptés à partir de 1983. Au début l’offre est restreinte aux fraises et haricots verts. Aujourd’hui les 60 hectares cultivés accueillent 300 000 à 400 000 visiteurs par an de mars à mi-novembre. Plus de 70 espèces de fruits et légumes sont proposées ainsi que des fleurs (tulipes, lys, iris, fleurs des champs). « Notre site internet est mis à jour quotidiennement pour permettre aux cueilleurs de connaître la production disponible. Il y a aussi ceux qui viennent simplement cueillir ce qui est disponible pour une cuisine immédiate» précise Bruno Gansel.
« L’avantage c’est bien sûr de cuisiner des produits cueillis le jour même ». Gally est à l’initiative du réseau des cueillettes
« Chapeau de paille », créé au milieu des années 1980, qui compte aujourd’hui plus de 30 sites dans toute la France, dont dix en Île-de-France.
Les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) sont apparus il y a une dizaine d’année et établissent un partenariat entre une ferme et un groupe de consommateurs. L’équipe animatrice est bénévole et rarement issue du milieu agricole. L’AMAP Versailles, présidée par Grégory Martin, a été créée en 2013 et rassemble une centaine d’adhérents qui « signent le contrat principal avec un maraîcher. D’autres contrats fruits, viande, fromage, pain, miel s’ajoutent ensuite en cours d’année pour ceux qui le souhaitent »
explique Grégory Martin. Le contrat signé par Jean-Marc, maraîcher bio près de Mantes, assure 46 semaines de distribution dans l’année. Les adhérents trouveront dans leur panier des courgettes, des pommes de terre, des petits-pois, un pâtisson, un concombre, une salade, un chou-rave. Le prix au kilo de cet ensemble est de 3,66€. Certains adhérents y ont ajouté des framboises et groseilles en provenance de Marly-le-Roi et un poulet d’Eure-et-Loir.
L’installation des jeunes
Cédric et Mathilde, âgés respectivement de 30 et 25 ans, ont repris une ferme pour élever des poulets près de Maintenon depuis août 2015. « Les banques et les instances agricoles comme la SAFER nous ont suivi car nous assurions nos revenus par la vente directe en AMAP et en particulier l’AMAP Versailles qui a été notre premier soutien ».
Toutes les trois semaines depuis février 2016, ils livrent leurs poulets et « à partir de septembre, nous livrerons aussi les œufs et nous ouvrirons notre boutique à la ferme ».
Une philosophie ancrée dans la démarche RSE
La démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) se définit par les critères suivants : efficacité économique, préservation de l’environnement, ancrage territorial et équité sociale. Sans perdre de vue le développement de partenariat gagnants-gagnants avec les parties prenantes.
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« Nous travaillons en partenariat avec les autres collègues agriculteurs qui apportent des produits complémentaires à notre offre. Notre objectif est de commercialiser des produits qui ont du goût, sont le plus sains possible et vendus au juste prix » insiste Bruno Gansel. C’est ainsi que les produits laitiers de la ferme de Villetain, des fromages de chèvre d’Auffargis ou encore les farines des Moulins de Versailles sont disponibles aux magasins de Saint-Cyr-l’Ecole et Feucherolles. Pour les fruits, il en est de même. Les cerises et les poires sont cultivées sur une ferme à Ecquevilly près de Chambourcy. « Ce partenariat est viable simplement parce qu’il n’y a pas une multitude d’intermédiaires. Vendre le produit au bon prix et rémunérer les agriculteurs comme ils doivent l’être, est très important pour nous. C’est aussi un gage de qualité » insiste Bruno Gansel. Jean-Marc, le maraîcher de l’AMAP, tire les mêmes conclusions. « Je n’ai pas de perte, ce qui est très important. Et je vis de mon activité grâce aux circuits-courts ». En ce qui concerne le fournisseur de pain, la philosophie est identique. « Installé dans la vallée de Chevreuse, il fait tout de A à Z. Céréalier à l’origine, il fonde sa meunerie et ouvre sa boulangerie. Il veille à s’agrandir à une taille correcte pour maintenir la qualité gustative des aliments » raconte Grégory Martin.
Grégory et Isabelle, la trésorière, insistent sur l’efficacité du réseau des AMAP. « Ce réseau national permet aux animateurs bénévoles de suivre des formations » précise Isabelle, qui a suivi une formation sur la Politique agricole commune et sur la fiscalité.
Transmettre aux nouvelles générations
Bruno Gansel explique que « dans les années 1980, nous avons été parmi les premiers à organiser des journées portes ouvertes pour que producteurs et consommateurs puissent se retrouver. » Le monde des champs rencontre le monde de la ville. Ils échangent. « Cela a permis aux producteurs de perfectionner leurs produits et de mieux répondre aux attentes des consommateurs ». A l’AMAP, maraîchers et autres producteurs sont présents à chaque distribution. Le dialogue s’engage facilement entre les adhérents et leurs fournisseurs dans une atmosphère amicale.
Apprendre et faire connaître est aussi important. Grégory et Jean-Marc organisent des visites de l’exploitation maraîchère plusieurs fois par an pour les adhérents et leurs enfants. « Nous organisons aussi des cours de cuisine. Nous essayons toujours d’animer de manière ludique. C’est ce que nous ferons au prochain forum des associations avec des jeux sur les légumes ». En 1995, Gally ouvre sa ferme pédagogique. « Les enfants sont demandeurs pour connaître la vie de la ferme et pour nous c’est un moyen de transmettre » assure Bruno Gansel. Ainsi, une centaine d’animaux fermiers (volailles, vaches, cochons, ânes, chèvres, moutons) les accueillent et les animateurs se font professeurs. « Nous faisons toucher aux enfants le monde et la vie de la ferme. Ils y sont acteurs dans des ateliers pédagogiques en fabriquant du pain, du beurre, du jus de pommes. Ils apprennent à connaître tous les ingrédients et leur provenance. Et nous respectons là-aussi le rythme des saisons. »
Nouvelles techniques de cultures
Depuis septembre 2014 à Saint-Cyr-l’Ecole, Gally « teste et étudie une quinzaine de nouvelles techniques agricoles parmi lesquelles l’hydroponie. Nous y produisons des tomates cerises, des fraises et des herbes aromatiques » explique Bruno Gansel.
Au même endroit, Gally propose des parcelles à la location pour ceux qui souhaitent cultiver leur jardin. Conseillés tous les mois par un professionnel des Fermes de Gally, les locataires (50€ par mois) disposent de 50m² et produisent en bio légumes et/ou fleurs. L’arrosage, la fourniture du compost et du foin sont assurés par le bailleur.
Les nouveaux modes de distribution alimentaire sont là. Depuis l’automne dernier, un distributeur automatique alimenté par Gally, propose soupes, fraises, tomates cerises, jus de fruits frais à la gare de Versailles-Rive droite (voir V+ n°85 de novembre 2015). « Nous touchons plus de gens en venant à leur rencontre sur le chemin de leur travail. Le distributeur est réapprovisionné quotidiennement par notre équipe qui circule en voiture électrique. Nous ferons un bilan dans quelques mois et verront si nous développons ce projet dans d’autres espaces » assure Bruno Gansel. A suivre donc…
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